Il y a des gens pour qui l’histoire de la musique débute en 1991 avec
Nevermind. A peu près à la même époque paraissait le single ravageur de
REM «
Losing my religion » que tout le monde connaît comme étant la chanson en fond sonore lorsque
Dylan quittait
Brenda dans
Beverly Hills. Ce que moins de gens savent, c’est que
REM existait avant et qu’il n’est pas interdit de penser que le groupe est en déclin depuis les débuts des 90’s et l’album totalement surévalué
Out of Time (un album avec le débile "
Shiny Happy People"... Faut-il vraiment en dire plus?).
Cobain était fan de
REM mais craignait de les voir devenir trop commerciaux. Le dernier disque que le Jésus grunge a écouté est d’ailleurs
Automatic for the people.
Cobain, légitimement outré par «
Everybody hurts », n’a pas voulu en savoir plus et a préféré se faire sauter le caisson plutôt que d’aller plus loin.
Une théorie qui se tient.
De toutes manières, depuis 10 ans, concernant la bande à
Stipe, il y a largement de quoi se suicider.
Up est le dernier vrai bon disque du groupe, ce qui n’en fait pas exactement un chef d’œuvre non plus.
Accelerate a été annoncé en large et en travers comme le proverbial disque du renouveau, le retour des guitares, ce truc que les fans de
Radiohead pro-régression souhaitent de tous leurs petits cœurs.
Fin du suspense: si
Accelerate propose effectivement guitares et tintamarre, le principal, l’inspiration, n’est pas exactement toujours au rendez-vous. La faute à ce beau proverbe qui dit «
Chassez le naturel il revient au galop ». Si sur ce nouvel album
REM rentre tête baissée dans le tas, l’album est gangréné par quelques titres lents et faciles aussi convaincants que
Colin Farrell et
Jenifer Lopez durant toutes leurs carrières.
Si «
Sing for the submarine » est plutôt très réussie, «
Houston », «
Mr Richards » et les titres lents en général s’avèrent aussi passionnant qu’un disque du label
Constellation.
Par contre,
Accelerate a en réserve quatre ou cinq titres géniaux: «
Man Sized Wreath », l’énorme single «
Supernatural/superserious », la chanson «
Accelerate » (qui effectivement rappelle «
Incinerate » du dernier
Sonic Youth), «
Horse to water » et «
I’m gonna DJ ». Des titres braillards, pleins de guitares saturées, de choeurs qui évoquent les grandes heures du groupe. A croire que
Peter Buck s’est enfin repris en main et a botté le cul de
Mike Mills et des ses balades de prof de géo.
Ces titres montrent une vraie envie d’en découdre à nouveau et de surcroît offrent un petit quelque chose en plus : est-ce le supplément d’âme des paroles de
Stipe ? ses mélodies ? Toujours est-il que ces titres à la rage adolescente rendent heureux. Ce on-ne-sait-quoi indéfinissable qui fait qu’on écoute encore et encore l’album (en zappant la moitié chiante).
Fait incroyable :
REM livre un bon disque en 2008, quelque part entre
Monster et
New Adventures in Hi-Fi, on regrette simplement que tout l’album ne soit pas de l’acabit des trois premiers titres…
Juste un bon disque, ce n’est pas
Life rich pageant par exemple, avec ses défauts mais surtout un album qu’on a envie d’aimer malgré ces défauts –Dieu a inventé le zapping- et l’amour ne se mesure pas en note sur cinq.
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L'explication pour Cobain est culte.
Par contre je m'insurge: Colin Farell et Jenifer Lopez n'ont pas fait que de la merde. Phone Game pour le 1er, U-turn et Hors d'atteinte pour la 2e/
Mais effectivement, au vu de leur carrière, je leur reconnais volontiers un véritable talent d'appeau à claques.